Guy Môquet : un sourire envolé…

Guy Môquet était le fils d’un cheminot, député communiste du 17e arrondissement de Paris. Ce dernier fut déchu de son mandat de député par le gouvernement de Vichy puis déporté au bagne de Maison Carrée en Algérie.

Guy Môquet, qui avait à peine 16 ans, décide aussitôt de prendre la suite de son père dans la résistance. Il abandonne le Lycée Carnot où il faisait ses études et commence ses premières actions clandestines. Il distribue des tracts antinazis dans les marchés et les cinémas, écrit des slogans hostiles au gouvernement sur les murs de Paris.

Sur une dénonciation, il est arrêté par la police et interné à la prison de Fresnes puis transféré à celle de la Santé. Acquitté en janvier 1941, il est malgré tout maintenu en détention et envoyé au camp de Choisel à Chateaubriant.

Courant octobre 1941, un lieutenant colonel allemand est tué par un jeune résistant nantais. En représailles, les nazis donnent l’ordre d’exécuter 50 otages français. Avec 26 autres compagnons, Guy Môquet est désigné comme otage par Pucheu, ministre du gouvernement de Pétain. Chacun des condamnés reçoit une feuille de papier, juste le temps d’écrire un mot à leurs familles…

Guy Môquet sera fusillé le 22 octobre 1941 non loin de Chateaubriant, dans une carrière de sable rouge (La Sablière). Avant de passer devant le peloton d’exécution, il eut le temps de dire quelques mots à sa mère, une courte phrase qui devint célèbre et déclencha l’émotion et l’indignation dans la France entière :

…Vous tous qui restez, soyez dignes de nous…

Lettre de Guy Môquet adressée à sa mère quelques heures avant son exécution.


"A toi, petit Papa, si je t'ai fait, ainsi qu'à petite Maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée. Un dernier adieu à tous mes amis et à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi ! Ma vie a été courte ! Je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter. Je vais mourir... Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me permettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi Maman, Séserge, Papa, je vous embrasse de tout mon cœur d'enfant.
Courage !
Votre Guy qui vous aime"

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