Dietrich BONHOEFFER


9 avril 1945 au camp de Flossenbürg en Allemagne. Dans une petite pièce aux murs gris, un homme à genoux, prie avec ferveur. Un peu plus tard, il est conduit sur la grande place de la prison, face à un gibet. Devant les escaliers, il s’arrête un instant et prie à nouveau, puis il gravit sans hésiter les marches conduisant à la potence où il est aussitôt exécuté. Cet homme, opposant de la première heure au régime hitlérien, s’appelait Dietrich Bonhoeffer.

Dietrich Bonhoeffer est né le 4 février 1906 à Breslau (Wroclaw) en Silésie. A l’âge de 17 ans, il commence des études de théologie à Tubingue puis à Berlin. Après avoir passé son doctorat consacré à une étude sur l’Eglise : Sanctorum communio, il fait ses débuts comme vicaire à Barcelone. Consacré pasteur, son destin semble tout tracé, jusqu’à l’arrivée d’Adolphe Hitler en Janvier 1933.

En Août 1933, Dietrich Bonhoeffer prend ouvertement position contre le paragraphe sur les Aryens dans l’Eglise, paragraphe où il est écrit que les non-Aryens ne font pas partie de l’Eglise du Reich Allemand et doivent donc être exclus par la formation de communautés judéo-chrétiennes autonomes. Bonhoeffer réplique que ce texte est une hérésie et détruit la nature même de l’Eglise. En effet, pour lui, l’Eglise n’est pas la communauté de ceux qui sont de la même espèce, mais celle des étrangers qui ont été appelés par la Parole : Qui est ma mère, qui sont mes frères ? Celui qui fait la volonté de notre Père qui est au ciel, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère. (Matthieu 12 v. 48 et 50)

Quatre ans plus tard, il prend la direction d’un séminaire pastoral, direction pendant laquelle il écrit un ouvrage qui déclenchera de fortes réactions : Nachfolg (trad. fr. : Le prix de la grâce). Mais en octobre 1937, la police ferme l’établissement religieux et arrête 27 anciens séminaristes. L’année suivante, il se lance dans la rédaction de Gemeinsames Leben (trad. fr. : De la vie communautaire.). Au début de l’année 1939, il quitte l’Allemagne pour l’Angleterre, où il rencontrera l’évêque de Londres, Monseigneur Bell. De là, il s’envolera pour Les Etats-Unis, mais n’y restera que quelques semaines. Le 17 juillet, il rentre à Berlin.

A ceux qui lui reprochent son manque de réserve dans ses conférences, il réplique : ‘Quand une voiture conduite par un fou fonce dans la foule, mon devoir n’est pas de prier, mais de neutraliser le chauffeur.’ Grâce à ses relations, il réussit à être affecté au service du contre-espionnage allemand et parvient à entrer en contact avec les forces Alliées et la résistance allemande, notamment par l’évêque Bell. Malgré ses convictions pacifistes, il n’hésite pas à s’engager dans un complot visant à éliminer Hitler. Arrêté par la Gestapo en Avril 1943, il restera deux années en détention. Pendant sa détention, il échangera de nombreux courriers avec ses proches. Ses lettres seront publiées par son ami Eberdard Bethge sous le titre : Résistance et soumission.

En Octobre 1944, son frère Klaus Bonhoeffer , Rüdiger Schleicher, son beau-frère, ainsi que son ami Perels sont arrêtés.

En Avril 1945, Dietrich Bonhoeffer et ses compagnons furent exécutés sur ordre direct de Hitler. Un mois plus tard, l’Allemagne nazie capitulait...


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