Pendant la seconde guerre mondiale, plus d’un million et demi d’enfants furent massacrés par les Nazis dans les camps de la mort. Parmi ces enfants, une jeune fille juive d’origine allemande. Son nom : Anne Frank…


Anne Frank est née à Francfort-sur-le-Main le 12 juin 1929 de parents Juifs Allemands. Elle a une sœur, Margot, son aînée de trois ans. La famille restera en Allemagne jusqu’à l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Pour le père d’Anne, il faut quitter ce pays devenu trop dangereux pour les juifs qui sont la cible de toutes les humiliations. Il décide donc de partir pour la Hollande où il y compte des relations. Les Frank s’installent donc dans le sud d’Amsterdam et Otto Frank crée une entreprise de négoce de produits d’épices. Anne et Margot fréquentent l’école où elles s’adaptent très vite à la vie hollandaise, notamment à la langue.

Malheureusement, Les Pays-bas sont à leur tour envahis par les Nazis et capitulent presque aussitôt. Au fil des mois, les brimades à l’encontre des Juifs deviennent de plus en plus rigoureuses, mais il est trop tard pour émigrer une nouvelle fois. Otto Frank décide alors de cacher sa famille dans une partie du bâtiment de l’entreprise appelée l’Annexe. La porte d’accès fut dissimulée grâce à une bibliothèque pourvue de rayonnages pivotants. Les Frank s’installent le six juillet 1942, bientôt rejoints par une autre famille : Les Van Pels. Les Van Pels ont un fils : Peter, qu’Anne considère aussitôt comme un dadais de quinze ans, totalement inintéressant et dont la compagnie ne promet rien de bien. En novembre de la même année, un dentiste du nom de Pfeffer viendra vivre à l’Annexe.

Cette dans cette prison sans barreaux qu’Anne Frank commencera à rédiger son journal et dans lequel elle confiera ses sentiments les plus secrets. C’est aussi avec une certaine férocité qu’elle y dépeindra les habitants de l’Annexe, la vie qu’ils y mènent dans cette promiscuité constante sans le moindre recoin permettant d’avoir un peu d’intimité. Le refuge d’Anne : son journal qu’elle a surnommé Kitty. Elle y décrit ses joies, ses peines, ses espoirs d’un monde meilleur auquel elle croit, mais aussi ses rancœurs vis à vis des occupants de l’Annexe. Elle parle souvent du grenier où elle aime à se réfugier et à contempler un marronnier qui lui rappelle que Dieu est toujours présent. Dans ce grenier, Anne y trouve également un confident en la personne de Peter, avec qui elle se liera. D’ailleurs, dans son journal, elle avouera avec franchise s’être trompée à son sujet : Peter est loin d’être un sot, mais un garçon doué d’une intelligence et d’une sensibilité peu communes. Tous deux restent des après-midi entiers, assis, serrés l’un contre l’autre, à regarder le ciel de Hollande. C’est là qu’ils échangeront leur premier baiser que Anne décrira avec beaucoup de tendresse et d’émotion.

Près de trois années passèrent, puis un jour, le quatre août 1944, alors que les habitants de l’Annexe pensaient la guerre pratiquement terminée, la police allemande fait irruption dans l’entreprise. La dénonciation ne fait aucun doute. L’officier responsable se dirigera sans hésitation devant la bibliothèque et actionnera le levier permettant l’ouverture de la cache. Tout le monde sera arrêté puis transféré dans un camp de transit conçu pour les juifs hollandais. Le trois septembre 1944, les huit clandestins furent déportés pour le sinistre camp d’Auschwitz à l’est de la Pologne. C’était le dernier convoi de déportation organisé par les Nazis…

Le dentiste, Monsieur Pfeffer est mort le 20 décembre 1944 à Neuengamme. Aucun des membres de la famille Van Pels ne revint des camps. Monsieur Van Pels fut gazé quelques jours après son arrivée à Auschwitz. Madame Van Pels serait décédée en avril ou mai 1945. Le lieu en est aujourd’hui encore inconnu. Leur fils Peter, est mort au camp de Mauthausen le 5 mai 1945, sous les coups assenés par ses bourreaux au cours d’une marche forcée. Le 8 mai 1945, l’Allemagne capitulait…

Edith Frank, la mère d’Anne et de Margot mourut de famine et d’épuisement le 6 janvier 1945. Selon la rumeur, Otto Frank serait mort en octobre ou novembre 1944 peu de temps avant la fermeture des chambres à gaz. En fait, Otto Frank survivra dans l’enfer du camp d’Auschwitz, qui fut libéré par l’armée russe le 27 janvier 1945.

Anne et Margot furent transférées au camp de Bergen-Belsen où les conditions d’hygiènes étaient épouvantables. Pendant l’hiver 1944-1945, une épidémie de typhus se répandit dans le camp faisant plus de dix-sept mille victimes. Margot Frank mourut entre février mars 1945. Quelques jours plus tard, Anne succomba à son tour. Début avril, le camp était libéré par les troupes anglaises…


Dans son journal, Anne confie, que plus tard elle sera une journaliste et écrivain célèbre dans le monde entier. Elle ne se trompa pas ! Son journal, publié sous le titre : "Le journal d’Anne Frank", a été tiré à plus de vingt millions d’exemplaires dans cinquante-cinq langues. D’autre part, des adaptations cinématographiques et théâtrales virent le jour dans de nombreux pays. Aujourd’hui, dans le monde entier, des rues et des écoles portent le nom d’Anne Frank.



Anne Frank, le 10 octobre 1942