Quelques temps plus tard, le pasteur de mon Eglise est venu et m’a informé que La Cause, une maison d’édition protestante, organisait à son tour un concours littéraire de récits pour enfants. C’était en avril 1999. Imaginer un récit à thème chrétien me tentait, mais j’avais peu de référence en la matière et encore moins confiance en moi ! Néanmoins, j’ai décidé de me lancer et me suis mis à la rédaction de mon premier roman, «Gauthier, corsaire au service de sa Majesté», l’ouvrage que j’allais présenter au concours. Je suis alors tombé gravement malade. Deux interventions chirurgicales au cœur ont été nécessaires, me laissant si affaibli que les médecins commençaient à s’inquiéter pour ma vie. Le soir du 13 août 1999, alors que j’étais encore hospitalisé, un sentiment étrange et angoissant est soudain venu m’habiter : j’avais l’impression de devoir choisir entre la vie et la mort. J’ai beaucoup prié cette nuit-là et j’ai promis à Dieu que si je m’en sortais, je me consacrerais à Lui et que je remplirai avec joie toute mission qu’il me confierait. Le lendemain, à la grande surprise des médecins, je n’avais plus aucune fièvre. Quelques jours plus tard, de retour à la maison et, bien qu’encore très faible physiquement, je me suis remis à l’écriture de mon roman tant bien que mal, demandant à chaque fois à Dieu de me donner la force d’avancer. Je désirais que «Gauthier» soit Son livre. Les pages défilaient les unes après les autres sans que j’aie besoin de faire un effort d’imagination.

Lorsque le manuscrit a été terminé, je l’ai donné à lire à des jeunes non chrétiens dont la réaction enthousiaste était au-delà de mes espérances. Restait à savoir ce qu’allaient en penser les enfants du jury. En attente de leur «verdict», je demandais souvent à Dieu qu’il me dise si, oui ou non, je devais persévérer dans l’écriture. Ma réponse est arrivée en avril 2000. Gauthier, Corsaire au service de sa Majesté, avait remporté le premier prix dans sa catégorie.
Depuis, j’ai écrit d’autres romans, toujours pour les jeunes. Pour moi, c’est un immense honneur que de pouvoir servir Dieu de cette manière. Il est à mes côtés, il guide mon imagination, mon écriture, lui qui a permis que mon rêve d’enfant devienne réalité. Pour l’anecdote, j’ai conservé le badge reçu lors de la soirée d’évangélisation, il y a quelques années. Si avec le temps, l’inscription s’est effacée, il ne reste de lisible que le mot romancier…

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